Les déchets à Lomé



Les ordures ménagères à Lomé : une gestion peu conventionnelle.

L’une des caractéristiques de nos sociétés est la production en quantité des déchets de toutes sortes. Nos sociétés actuelles sont aussi caractérisées par le refus de tout homme doté de raison de vivre parmi les immondices.
Ainsi homo sapiens que nous sommes, trouvons toujours des moyens pour mettre nos détritus dans des endroits où nous supposons qu’ils nous nuiraient moins. Lomé, la capitale de la république du Togo (Afrique occidentale), n’est pas en marge de cette réalité. En effet, le pouvoir public a toujours affirmé qu’il ne ménage aucun effort pour venir à bout des problèmes engendrés par les déchets, en particulier ceux qui proviennent des ménages. Et pourtant, il suffit de regarder autour de soi pour constater avec amertume que Lomé ne sait plus se faire belle et coquette. Elle est tout simplement sale.

L’insalubrité de la capitale togolaise a des causes multiples parmi lesquelles la gestion des ordures ménagères.
Il ressort de nos recherches que de 1960 à 2005 Lomé a connu trois stratégies de gestion des ordures ménagères.

La première de 1960 à 1974. Ce sont les agents de la voirie qui collectaient aux points de ramassage dans la vielle ville, les rebuts des ménages. Chaque point de ramassage se situe tout à proximité des latrines publiques desdits quartiers.
En 1974, l’Etat, sur proposition des bailleurs de fond, a privatisé les structures de ramassage.

De 1974 à 1994 la collecte fut confiée à la Société d’Enlèvement de Ordures Ménagères et d’Assainissement (la SOTOEMA). Durant 13 ans, la deuxième stratégie de gestion des ordures ménagères se faisait avec la collecte à domicile par des équipements spécialisés adaptés.
Mais la crise sociopolitique des années 1990, accentuée par la suspension de la coopération et la dévaluation du franc CFA ne permet plus à la municipalité de payer la SOTOEMA. Le contrat fut donc résilié en 1997.

La troisième stratégie, de 1997 à 2005, a consisté en une attribution de la collecte vers les décharges intermédiaires. Ces dernières sont vidées au profit de la décharge finale par des entreprises de génie civil, avec un matériel de travaux publics.
La multiplicité des prestataires de collecte répond à l’idée émise par les institutions de Bretonwood de résorber le chômage avec la vulgarisation des activités à haute intensité de main d’œuvre.


La gestion des ordures ménagères à Lomé n’est qu’un déplacement des détritus.

En analysant de plus près ces trois stratégies, nous nous sommes rendu compte que la gestion des ordures ménagères telle qu’elle s’est pratiquée jusqu'à présent n’est qu’un déplacement des ordures vers les décharges finales.
Or, la gestion des ordures ménagères implique forcément le traitement de ces rebuts. Malheureusement il n’y a jamais eu un centre de traitement de déchets à Lomé. Pire encore, la dernière stratégie n’a fait qu’enlaidir la ville.
De nos jours, des études ont montré que l’on peut valoriser les ordures ménagères. Il est possible d’en extraire, par exemple, du compost, de recycler les objets en plastique, en verre ou en métal.

Cela devrait permettre la disparition, à terme, des dépotoirs, et par conséquent réduire :
- la pollution de la nappe phréatique superficielle à Lomé ;
- les nuisances visuelles et olfactives qui émanent de ces amoncellements ;
- les maladies liées à la saleté, telle que le choléra qui persiste en toutes les saisons ou la fièvre thyroïde qui fait de plus en plus de victimes.

Tous ces maux n’existeraient pas s’il y avait une véritable gestion des ordures ménagères associant la collecte et le traitement des déchets.
Pour cela, de manière à ce que les ordures de Lomé ne dérangent plus, il y a lieu de restructurer le secteur. Cette restructuration passe par la prise de conscience de tous les acteurs de la nécessité d’un changement de comportement. La modernisation de la stratégie en cours est indispensable. La population doit adopter un comportement visant à rendre son environnement quotidien sain.


L’apport des médias est indispensable dans la restructuration du secteur des déchets.

Dans tout cela les medias ont un grand rôle à jouer. Ses actions peuvent passer par la persuasion de l’individu, de la collectivité ou de la nation tout entière, à améliorer son comportement. Les autorités de la ville gagneraient en sollicitant assidûment les médias, et surtout la télévision, pour une bonne gestion des ordures ménagères.
La télévision sera sollicitée pour informer des dangers liés à une mauvaise gestion de ces déchets. Elle passera par des documentaires ainsi que des émissions spécialisées.


Gracia Egome
(président de TNT)

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